L’affront de la vie privée par la notoriété


Le droit à une vie privée à l’aune de la surexposition médiatique des personnes publiques.

Si la liberté d’expression est le fondement de toute société démocratique, il incombe aux professionnels de la communication d’exercer leur métier dans le respect des droits et des responsabilités. Faut-il le rappeler : la liberté d’expression garantit le droit à l’information. Force est de constater dès lors, qu’il y a une certaine irruption du champ médiatique dans la vie privée par le biais d’émissions télévisées, d’émissions de téléréalité, de la presse people, de l’actualité politique ou encore du phénomène récent de la starisation. Aussi important que soit ce rôle, c’est-à-dire celui d’informer ; toute personne même connue du public peut se prévaloir d’une espérance légitime de protection et de respect de sa vie privée. Alors, se pose la question d’une conciliation juste et équitable du respect de la vie privée et de la liberté d’informer.

Si les médias ont essentiellement pour fonction de diffuser des informations, s’y adjoint pour le peuple le droit d’en recevoir. Souvent, la mise en balance de ce besoin d’informer et du respect de la vie privée des personnes s’avère comme une « mission impossible » ou presque.

Si pour le citoyen lambda le respect de la vie privée n’est pas problématique, elle l’est pour ceux connus du public. La notion de vie privée comprend les éléments se rapportant à l’identité d’une personne d’une part, mais aussi tout ce qui touche à son intégrité physique et son intégrité morale d’autre part. Elle apparaît en ce moment là comme une zone d’interactions entre l’individu et ses semblables.

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Si ce sujet témoigne d’un certain et réel enjeu concernant les secrets de la vie privée, c’est parce que des personnes publiques ou non oscillent leurs faits et gestes entre les sphères publiques et privées à leur insu ou de leur plein gré. Il arrive que des personnes intègrent dans leur communication souvent publique l’utilisation, voire l’instrumentalisation de leur sphère privée. Cette surexposition médiatique fait écho à une pratique juridique contrainte à mesurer et délimiter le point d’équilibre entre le droit à une vie privée et le droit à l’information. La mise en balance de ces droits à l’information et à la vie privée doit prendre en compte certains éléments tels : la question de l’apport de la contribution au débat d’intérêt général, la nature et la fonction de la personne visée ainsi que la nature des activités faisant l’objet de la publication, le comportement de la personne, la façon dont la publication est faite et celle dont la personne visée y est représentée.

Si le droit à l’information ne doit pas franchir certaines limites concernant notamment la réputation et les droits d’autrui, la vie privée des personnalités fait l’objet de disparités non négligeables tout en bénéficiant aussi « davantage » de protections qu’auparavant. En contrepartie, la société tend de plus en plus à exiger une certaine « transparence ».

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Jaraaf Seck,

Consultant-Juriste International

jaraafseck@gmail.com

www.loeildujaraaf.over-blog.com

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