Pour une sortie de crise économique


Dans une interview publiée le lundi 23 Mai 2016 sur www.xalimasn.com, l’analyste politique Yoro Dia a soulevé une suggestion de haute portée. L’ancien de l’Ecole Nationale d’Administration (E.N.A) a souligné un problème qui, jusque-là, n’a jamais été à l’ordre du jour dans la gestion du pays, en ces termes :   « Le pays n’a pas un problème institutionnel, mais plutôt un problème économique. Cela veut dire que les hommes politiques doivent être jugés sur leur capacité à proposer une solution de sortie de crise économique (…) Il est temps pour notre pays de rentrer dans la deuxième phase qui est essentiellement économique. Un homme politique ne gagne du crédit que quand il commence à proposer une solution économique. »

Une remarque qui prouve bien le fait qu’à défaut de « dialogues de sourds » fraîchement proposés par le régime en place, il convient plutôt de s’intéresser à des questions d’ordre économique. Que gagnerait le peuple sénégalais dans des retrouvailles de la famille libérale ? Au moment où la plupart des autres pays africains se lancent des défis dans ce domaine précis, le Sénégal tarde à devenir un exemple économique qui puisse inspirer d’autres.

Ce qu’il faut faire, c’est de tenir compte des aspects qui caractérisent plus ou moins la population sénégalaise. Il faut être assez désorienté pour penser réussir une telle entreprise sans une contribution de tous. Dans un pays à majorité musulmane ou les tenants du pouvoir prônent l’émergence, ne serait-il pas bénéfique de s’inspirer de cette assertion du Prophéte Muhammad (psl) :

« Trois choses tendent à faire chuter verticalement une civilisation : Une jeunesse sans créativité, une fortune mal gérée et une cupidité scientifiquement organisée. »

Le sens de la créativité ne peut qu’être associé à l’entrepreneuriat. Le défi sera double. Il conviendra d’abord de faire en sorte que ceux qui se sont déjà lancés dans l’auto-emploi puissent bénéficier du soutien de l’Etat. Le prestige fait appel à la tenue de forums et de salons professionnels dans ce domaine. Il serait préférable de s’approcher des créateurs de « start up » et autres chefs de projet pour s’imprégner un peu des réalités dans lesquelles ces jeunes évoluent. Autrement, la situation serait pire qu’un « dialogue de sourds », elle s’apparenterait au fait de parler à une partie de la jeunesse à laquelle on n’adresse même pas la parole. Le second défi devrait être accès sur des objectifs de sensibilisation, pour que ceux qui se plaignent incessamment du chômage puisse trouver une seconde voie.

La présence de la crise économique prouve aussi le fait que le budget de l’Etat ne soit pas géré de la meilleure façon qui soit. La loi de finance initiale (L.F.I) 2016 a franchi la barre des 3000 Milliards. Il s’agit là d’un grand saut que pas mal d’économistes ont salué. Mais il serait propice de procéder à des dépenses qui puissent faire baisser considérablement le nombre de demandes d’aides en provenance de l’extérieur. Prenons l’exemple du secteur éducatif que le Gouvernement soutient avoir pris en charge. Le constat est que les revendications n’ont jusque-là pas été satisfaites aussi bien dans la sphère scolaire qu’en milieu universitaire. La croissance économique faisant l’objet de l’axe 1 du P.S.E (Plan Sénégal Emergent) ne peut nullement être atteinte sans le fait d’appuyer les acteurs de l’entrepreneuriat.

Quant à la cupidité, elle demeure un mal que les chrétiens du pays sanctionneront sans hésitation aucune, puisqu’elle fait partie intégrante des sept péchés capitaux condamnés par le christianisme. Elle s’apparente à un désir excessif du gain de l’argent, qu’elles en soient les moyens. Une philosophie de l’équilibre en matière économique devrait être enseignée, cette fois-ci, à une grande majorité de la conscience publique. Les conséquences sont plus que désastreuses : L’activisme du chauffeur de taxi qui crée une circulation dense parce que voulant prendre un client mal positionné, le manque de lucidité de l’enseignant qui préfère les périodes de grèves parce que propices à l’enseignement dans le cadre privé, l’irresponsabilité du fonctionnaire qui n’achève guère le nombre d’heures de travail prescrites parce que trouvant ailleurs un intérêt financièrement bénéfique, la femme au foyer qui abandonne sa progéniture le temps d’une élection durant laquelle une prise de position peut procurer des vivres pendant tout une période, et, pour couronner le tout, le Chef Politique dont la nomination est, pour son entourage proche, synonyme d’enrichissement par tous les moyens.  

 

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Cheikh ahmed tidiane NDIAYE

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