Cinquante trois ans depuis la création de l’Oua : La Cedeao interpellée !


Voilà cinquante trois ans que l’Oua a été créée par nos chefs d’Etat, avec l’objectif de parachever la «Décolonisation» de l’Afrique et de promouvoir son «Unité».

S’il est indéniable que les anciennes colonies, sauf le Sahara Occidental, ont accédé à l’indépendance avec la reconnaissance, au plan international, de leur souveraineté nationale, l’on est loin du compte pour ce qui est de l’Unité africaine.

Ce qui a prévalu, c’est «l’intégration par cercles concentriques», sous forme de «sous régions», dont la Cedeao en Afrique de l’Ouest.

La transformation ultérieure de l’Oua en Union africaine (Ua), dotée d’une «Commission africaine» à la place d’un «Secrétariat général», a pu impulser des avancées au plan de l’intégration économique avec l’appui de la Commi­ssion économique africaine (Cea) avec l’Agenda 2063, le Fonds monétaire africain (Fma) et la «Zone de libre échange continentale» (Zlec), il n’en demeure pas moins que l’Afrique peine encore à recouvrer sa souveraineté pleine et entière et à matérialiser son unité.

Dans ce contexte, les sous-régions africaines, dont la Cedeao, et non plus les Etats pris individuellement, sont devenues les voies obligées pour parachever le recouvrement de la souveraineté de nos peuples pour mieux baliser le processus d’unité continentale de l’Afrique dont rêvaient les fondateurs de l’Oua en 1963.

C’est ainsi que les défis économiques, sécuritaires et environnementaux auxquels font face les peuples, chaque pays africain, dictent la nécessité de leur prise en charge dans chaque sous région sous l’égide de la Commission africaine.
A cet égard, la Cedeao, pour ce qui est l’Afrique de l’Ouest, est interpellée au plan économique par les Ape et la Zone franc, au plan sécuritaire par le Mnla au Mali, les jihadistes d’obédience Al Qaïda au Mali, au Burkina, et en Côte d’Ivoire, et par Boko haram , d’obédience Etat islamique au Niger et au Nigeria, au plan sanitaire par Ebola, et au plan environnemental par le changement climatique occasionnant une tendance lourde d’assèchement de la sous-région et d’avancée du désert.

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Les Ape et la Zone franc se sont avérés être des obstacles à l’intégration économique de la sous-région et à l’avènement de la monnaie commune en 2020.

Au plan sécuritaire, il s’est avéré que les accords de défense des pays, pris individuellement avec la France et les Etats-Unis, sont incapables d’assurer la sécurité de nos Etats, encore moins de lutter efficacement contre les djihadistes, même avec le soutien de l’Onu.

Au plan sanitaire, nos politiques nationales et nos frontières se sont avérées incapables de prémunir nos peuples, encore moins de contrer la propagation sous régionale d’une épidémie.

Enfin, le changement climatique rend nos politiques nationales et nos frontières sans objet dans ce domaine.
Ainsi, 53 ans après la création de l’Oua, il est pénible de constater l’impuissance de nos Etats, pris individuellement, face à ces nouveaux défis.

Les accords de coopération de pays, pris individuellement, avec les grandes puissances, les institutions de Bretton Woods et de celles de l’Union européenne ont atteint leurs limites sociales en prouvant leur incapacité à contribuer à la réalisation des objectifs des fondateurs de l’Oua.

Le besoin de sous-régions, dont la Cedeao en Afrique de l’Ouest, est devenu vital pour nos peuples dans la quête d’une plus grande souveraineté sur leur destin, et d’un mei­lleur usage de leur potentiel économique et de leurs ressources hu­maines pour sortir de la dépendance, de la misère et de l’insécurité.

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Ce besoin d’une Cedeao, en Afrique de l’Ouest, ne peut être pris en charge politiquement que par des organisations de patriotes pan africains dans chaque Etat membre et en coopération entre elles pour qu’il soit l’agenda électoral principal dans chaque Etat de la sous-région.

Pour ce faire, le rejet des Ape, le retrait du Compte d’opération du trésor français, des avoirs extérieurs des Etats de la Zone franc, la résiliation des accords de défense avec les grandes puissances et le départ de leurs bases militaires sont des conditions nécessaires pour une plus grande intégration économique et monétaire de nos Etats en 2020, et pour la mise en place des Forces communes de défense et de sécurité de la sous-région.

Cette Cedeao pourrait s’appuyer sur son énorme potentiel énergétique, hydraulique et sur ses ressources humaines pour sortir de la dépendance, de la misère et de l’insécurité, tant au plan de la défense et de la protection de ses citoyens qu’au plan alimentaire et sanitaire.

Les patriotes et républicains pan africains de la Cedeao ne peuvent plus, à moins de se renier, dans les échéances électorales, quelles soient présidentielles ou législatives, ne pas se déterminer sur ces enjeux économiques, sécuritaires, sanitaires et de développement auxquels font face les peuples de notre sous région.

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Ibrahima SENE – Pit/Sénégal/Cds

Ibrahima SENE

Ibrahima SENE

Homme politique, membre du comité central du Parti de l'Indépendance et du Travail (PIT).
Chargé des questions économiques du PIT.
Président du conseil d'administration de la MIFERSO.
Ibrahima SENE

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