Les proposition de l’UNIS pour une sortie des crises de l’enseignement


L’Education est une question économique et financière. Si le modèle économique et financier de son développement n’est pas réglé, elle continuera dans l’instabilité, les grèves et les conflits budgétaires. C’est pourquoi, face aux crises récurrentes marquées par les conflits entre Etat et Enseignants, l’UNIS, dans le cadre de son agenda de propositions portant sur les enjeux économiques et sociaux de notre pays, va aller à la rencontre des syndicats pour leur proposer un nouveau dispositif.

Cinq principes sont à la base de ce dispositif :

  • Adopter une loi de priorité des engagements budgétaires de l’Etat qui va garantir que l’Etat ne pourra plus affecter de nouvelles dépenses sans avoir respecté ses engagements budgétaires dans les domaines de la sécurité, de la santé, de l’éducation et de la justice.
  • Adopter une loi de concession des services publics de l’éducation aux 22 syndicats d’enseignants. Ce programme de concession sera effectué de manière progressive sur 5 ans.
  • Associer aux syndicats des consortiums spécialisés dans le développement et la gestion d’infrastructures d’enseignement pour construire et exploiter des services éducatifs intégrés offrant l’enseignement, l’internat, le transport et la restauration aux élèves pensionnaires.
  • Adopter la loi éducation pour tous garantissant que tout jeune sénégalais est obligé de suivre un parcours scolaire de 10 ans, jusqu’à la fin du premier cycle secondaire.
  • Assurer à tout ménage l’accès à l’enseignement pour ses enfants, quel que soit ses moyens.
A LIRE AUSSI  La problématique des choix

Sur la base de ces 5 principes, l’Etat et les enseignants peuvent engager des discussions sur les conditions nécessaires en termes de garantie et sécurité d’emploi, de cahier des charges des offres de concession, de planning de déploiement des concessions et d’indicateurs de suivi et d’évaluation.

Sur un horizon de 20 ans, sur la base de 1 500 000 ménages concernés, au moins 3600 milliards de revenus seront générés par ce dispositif. Ces revenus garantissent la soutenabilité économique et financière des investissements et à terme son autonomie. Les enseignants assumeront un rôle plus important dans la gestion de l’école dont ils sont les principaux experts. Ils seront associés à des groupes d’investisseurs pour le financement et le développement des infrastructures à travers des consortiums de services publics éducatifs. Le dispositif permettra de contourner les limites budgétaires de l’Etat et profitera des ressources de financement du secteur privé. Les investissements dans le secteur seront donc plus importants. L’Etat se limitera à un rôle de supervision du dispositif. Il veillera au respect des obligations de services publics des consortiums, notamment sur la qualité de l’enseignement et les coûts des services qui seront encadrés. Les élèves bénéficieront de meilleures conditions d’enseignement. Les ménages auront la garantie d’une prise en charge de leurs enfants.

A LIRE AUSSI  Le droit de grâce présidentielle a-t-il encore sa place au Sénégal ?

Cette proposition aurait pu être initiée par l’Etat, les syndicats, le secteur privé ou la société civile. Qu’elle soit proposée par un acteur indépendant, à équidistance des intérêts des uns et des autres, devrait cependant être un avantage pour éviter les méfiances et faciliter la discussion. L’UNIS se donne la responsabilité de rencontrer les parties prenantes pour leur présenter les orientations de cette proposition et ainsi permettre une discussion sur son opportunité. Les attentes des populations seront fortement encouragées par une démarche commune des parties prenantes d’aller vers un dispositif novateur qui, en sus de régler les crises récurrentes, va permettre d’injecter des investissements importants pour relever les conditions et la qualité de l’enseignement.

 

Le coordonnateur/Amadou Gueye

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.