La social-démocratie: Défis et Enjeux d’une 3e alternance choisie


Déjà en 1951, l’économiste allemand Fritz Sterneberg soutenait la thèse selon laquelle qu’« il y a une chance pour un développement social-démocrate dans le monde ».

Une cinquantaine d’années après et au regard des défis africains nous sommes en droit d’affirmer avec conviction que la social-démocratie constitue une voie africaine pour un développement en phase avec nos valeurs, nos identités, nos priorités et surtout nos intérêts avant toute autre chose. Notre vision préconise que l’on recentre nos stratégies d’émergence sur nos ressources, notre capital humain et œuvrer pour une société plus juste et équitable. Notre approche sonne ainsi la fin de la politique politicienne de l’engagement politique sans conviction ni vision.

Parallèlement aux extrêmes orientations, du libéralisme et du communisme,  la social-démocratie est la voie de l’équilibre qui d’une part, promeut l’ouverture  aux marchés mais sans oublier la construction de la base défensive et réelle des économies nationales. D’autre part, elle est la voie qui promeut l’équité, la justice et une politique sociale permettant à chaque individu d’être éduqué, formé, compétant et suffisamment productif afin de pouvoir se réaliser pleinement, contrairement à l’option communiste du nivèlement vers le bas.

Ainsi, la pertinence de l’option que nous mettons en exergue ne fait plus l’objet de doute avec la grande déception causée par l’ultralibéralisme en déclin avec ses règles immorales et injustes. Tel que mentionné dans les conclusions des Assises nationales du Sénégal : « l’individualisme et les égoïsmes se développent en même temps que les solidarités s’essoufflent et de larges segments de la population se voient exclus des circuits de production et de distribution, tandis que, dans les conduites individuelles et collectives, les repères et cadres moraux se perdent, sont brouillés ou deviennent inopérants. ».

Dans un aspect plus technique, l’État sénégalais revêt un caractère importé avec des conséquences néfastes. Nous avons abandonné la culture de la planification, de l’organisation et de la méthode qui découlait en réalité de la conscience que nous avions de nous-mêmes et du projet de nation. L’Héritage du Plan fut abandonné pour l’application bête et méchante d’injonctions d’ajustements structurels. De ces décennies de diète et de coupures sociales, est née une jeunesse sacrifiée, qui tomba avec regret, après deux alternances, dans les pièges d’un libéralisme inconséquent, qui va annihiler les fleurons de notre jeune économie.

Aujourd’hui, le Sénégal demeure fortement tributaire de l’étranger avec  la crise casamançaise qui se gangrène, l’émigration clandestine avec son lot de morts, l’exode rural massif, la macrocéphalie insupportable, des centres urbains ingérables, concentrés et inondés et pour couronner le tout, la mélasse idéologique d’une coalition au pouvoir  dénommée Benno Bokk Yakaar. Cette oligarchie affaireuse, corrompue et richissime a fini  de mettre notre économie en sous-traitance.  Ainsi sur plus de 4000 milliards fcfa d’investissements du Plan Sénégal Émergent (qui « manque terriblement d’ambition »selon le Pr Moustapha Kassé), matérialisé par plus de 230 conventions, les 80% sont signés avec et pour les étrangers. Et Paradoxalement le peuple sénégalais devra supporter l’explosion de sa dette, devenue premier poste de dépenses et que le gouvernement appelle pompeusement fonds mobilisés. Alors pas étonnant que les croissances de 6% ou 7% réalisées à l’intérieur du pays ne profitent pas réellement aux citoyens sénégalais, qui évoluent à 70% dans les secteurs de l’agriculture, l’élevage, la pêche et même le tourisme et ces secteurs ne représentent que 20% de la richesse partagée dans notre pays. En réalité 80% de la richesse est produite par des entreprises étrangères qui dominent  les secteurs du ciment, des télécoms, des assurances, du sucre et des banques.

Nul doute que l’État sénégalais agonise avec ses hypocrisies, ses contradictions et ses dérives politiques, économiques, culturelles, policières, judiciaires. Les nombreuses difficultés économiques, politiques et sociales rencontrées lors de la mise en œuvre des politiques publiques au Sénégal, mettent en lumière la pertinence de réhabiliter l’idéal d’une République inspirée par des principes et des valeurs de la  Social -démocratie. Finalement de tous les modèles de social-démocratie, le plus pertinent et le plus adapté pour le Sénégal est celui qui a été initié par le Président Thomas Sankara, Président du Faso, qui a su, compte tenu des moyens limités du Burkina, rationaliser les dépenses de l’État afin de dégager des ressources financières, pour répondre aux besoins des populations. De plus, il s’est appuyé sur la production locale pour relancer l’économie de son pays. Nous n’avons donc nul besoin de voyager bien loin pour copier les recettes qui marchent. Servir son peuple et non se servir de son peuple.

Chers compatriotes le temps de l’engagement éclairé pour une troisième alternance choisie a sonné !

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Le CERCLE DES SOCIAUX-DÉMOCRATES DE MONTREAL  entend jouer son rôle.

En ce sens le CSDM vous convie le DIMANCE 18 DÉCEMBRE 2016, au CENTRE AFRICA à 14H00 HEURE, à une première rencontre d’échanges et de structuration de ce mouvement qui ne fait que répondre avec responsabilité au devoir de chaque génération de faire face à son destin.  

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