Percevoir notre Nation comme une famille…


Inouï ! Incongru ! Renversant ! La trahison subie par le Sénégal de la part des pays de la sous-région, au lieu de donner lieu à un élan de communion, ou même à des analyses pertinentes, à des critiques positives, a eu, comme un écho jouissif chez certains Sénégalais. L’échec de la candidature du Professeur Abdoulaye Bathily, dans des conditions d’une insupportable complicité rancunière de quelques chefs d’Etat africains, au lieu de susciter un élan de solidarité de Sénégalais qui doivent avant tout percevoir notre Nation comme une famille, aura été révélateur de la grandeur de quelques petitesses.
Comme il avait raison, Emile de Girardin, dans «Pensées et maximes», lui qui disait : «Lorsqu’on étudie avec soin le caractère des nations, on s’aperçoit avec peine que les plus grandes ne s’élèvent pas toujours au-dessus des plus petits sentiments. De grandes nations peuvent avoir de petites rivalités, de petites défiances, de petites susceptibilités, de petites passions qui leur fassent oublier les grands intérêts et les grandes questions dont il serait de leur dignité de se préoccuper exclusivement» ! Hélas, les grands intérêts et les grandes questions qui auraient mérité une lévitation cognitive ou pris au niveau de quelques opposants et autres «experts en diplomatie» ont été ensevelis dans de «petites rivalités», de «petites défiances», de «petites susceptibilités» et de «petites passions».
Et si ce n’était que cela ! A certains endroits et chez certains, les «certitudes déconcertantes» produites par des postures politiciennes et affairistes sur la défaite de notre compatriote Bathily et le criticisme de mauvais aloi qui les ont bordées, ont été parfois du mode assez pauvres de gens qui n’arrivent pas à soustraire leur tête de la lessive de l’opposition aveugle. Parfois une jalousie maladive est repérable dans les pamphlets accusant le Président Macky Sall d’être le seul responsable de la défaite de notre candidat. Et suprême incohérence, ils reprochent à ce dernier d’avoir envoyé plusieurs missions et fait des dépenses pour la réussite de cette candidature. C’est dans cette ambiance de volière mentale que l’on aperçoit cette sorte de progrès de l’infection virale engendrée par la maladie de l’opposition à tout et contre tout.
Certains ont dégoisé des inepties à la limite de l’injure sur notre diplomatie, à partir seulement de l’échec de la candidature du Professeur Abdoulaye Bathily dont ils reconnaissent du bout de leurs lèvres les mérites et les qualités, même si fonctionne en souterrain de leurs diatribes, le sordide espoir nourri d’une défaite de la candidature de notre compatriote. Qui parle se dévoile !
Et voilà que tombent les masques de nos champions couturés du patriotisme, du nationalisme, cette abstraction étriquée et autre africanisme facile qui s’abîment à décrier la ruée d’investisseurs étrangers dans notre pays sous le régime du Président Macky Sall. Ainsi donc, ces prétendus patriotes au nationalisme de circonstance n’étaient donc que des vendeurs de cosmétiques sur le marché de l’adversité politicienne.
Ils étaient étrangement taiseux, lorsque la maestria diplomatique sénégalaise s’est illustrée dans la gestion de la crise gambienne réglée avec l’apport décisif du Sénégal sans un seul coup de canon et sans effusion de sang alors que toutes les conditions d’une issue sanglante étaient réunies avec les agissements du fou de Kanilaï. C’est dire donc qu’ils attendaient le moindre faux pas diplomatique pour sortir leurs faux oratoires du fourreau politicien.
Or aussi bien le cas de la Gambie que l’élection ratée du Pr Bathily, sont au moins des marqueurs instructifs sur l’attitude de nos voisins immédiats et lointains, sur les balafres désopilantes qui minent l’unité de l’Afrique et qui auraient dû être des enseignements à tirer, des leçons à apprendre en ce qui concerne le Sénégal et ses élites intellectuelles et politiques au lieu de se livrer à un jeu de massacres malsain. L’outrance et l’anathémisation des néo-rocks stars des buzz politico-médiatiques, des débats qui volent bas sombrent dans les profondeurs de rien et des riens. Des postures et des positions qui ne gonflent même pas les voiles de la raison et du raisonnable. Peut-être manque-t-il vraiment du vent à une opposition tourneboulée et désemparée et réduite à la quête de toute petite bête.

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De la deconstruction
Il est désastreux que la vérité ne paie plus sous nos cieux et que la seule valeur étalon de la politique soit le mensonge. Comment des hommes qui aspirent demain à nous gouverner peuvent s’adonner de manière aussi perversement jouissive à la déconstruction de l’image de notre pays, comme si la défaite d’un de nos compatriotes postulant à un poste dans une institution africaine disqualifie toute la fulgurance de notre politique étrangère si respectée et respectable à travers le monde. Une image qui a prévalu et survécu d’ailleurs à tous les régimes.
Boussole à l’envers, les contempteurs du Président Sall cherchent le nord de notre diplomatie à l’est de leurs tourments politiques. Quand c’est le devenir et l’avenir de notre être-dans l’Afrique, dans la Cedeao et par rapport à nos voisins qui est engagé, ce n’est plus de la personne et la personnalité du Président Macky Sall encore moins du ministre des Affaires étrangères dont il est question.
La République et la démocratie nous donnent des droits mais aussi des devoirs, autrement dit des responsabilités. Ceux qui s’acharnent sur notre diplomatie, en choisissant comme prétexte la défaite du Pr Bathily du fait d’une trahison de nos faux amis -quelques journaux n’ont pas manqué de le relever d’ailleurs-, donnent l’impression qu’ils ne sont à l’aise qu’en habitant le néant, la négation et le négationnisme.
Lucide est la contribution d’Ibrahima Sène du Pit, parue dans quelques journaux, et qui contient de superbes piqûres de rappels. En plus de sa conclusion à méditer : «Cultivons donc la solidarité et l’amitié entre Sénégalais,  pour mieux défendre les intérêts de notre Peuple, et évitons d’envenimer, pour des raisons inavouées, souvent de politique politicienne, ou de pur affairisme, les contradictions immanquables entre nos Etats dans la gestion quotidienne de nos gouvernements, des affaires de nos peuples». En dépit de tout, l’exemple est venu du Président Macky Sall qui, lors du Conseil des ministres, a félicité le candidat du Tchad, ainsi que le Président Condé pour son élection. Comme pour dire, en dévalisant Benjamin Constant dans son ouvrage «Cours de politique constitutionnelle», «la nation n’a pas de rancune, mais elle a de la mémoire».
   Soro DIOP

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