Mécontentement de certains retraités et… réalités


Depuis un certain temps, des voix discordantes se font entendre sur la question des retraites et pensions au Sénégal. Un petit éclairage et une petite mise au point doublée d’informations ne seraient pas de trop. Il s’agira alors de parler de l’Ipres (Institution de prévoyance retraite du Sénégal), mais aussi des questions qui agitent en ce moment.
Notre regard et nos opinions se voudront non polémiques, ni tendancieuses. Nous mettons l’accent sur l’information juste pour les allocataires eux-mêmes, et pour le grand public, par extension.
Dans la période récente, la Direction de l’Ipres, accompagnée du Pca (Président du Conseil d’Administration) a effectué une tournée nationale pour discuter avec les allocataires retraités.
La motivation profonde était de renforcer encore ce dialogue constructif et participatif avec les retraités. Pour la région de Saint-Louis en particulier, c’était le 10 janvier 2017, alors que fin janvier c’était Rufisque, avant le bouclage par Dakar.
Côté amélioration des conditions des retraités, il y a cette mesure bien salutaire, qui consiste à ne plus prendre les 7 à 8 milliards de francs Cfa comme ponction au titre de l’impôt. Cette disposition prise avant, a été suivie aussi bien par la mensualisation que par le relèvement de 10% des pensions de retraite au Sénégal à partir de janvier 2017.
Sous ce rapport, certaines voix se sont élevées pour revendiquer une hausse de 50%. C’est de bonne guerre dans un pays de démocratie depuis longtemps en Afrique, et où le mouvement syndical a joué un rôle important déjà avant l’indépendance.
Cependant, il est salutaire de différencier revendication, et doléance ou vœu. Une personne du 3e âge bien au fait de la Sécurité sociale au Sénégal, n’a pas manqué de ponctuer par ces termes : «Les tonneaux vides font toujours beaucoup plus de bruit. Mais nous, nous comprenons et nous sommes sereins parce que nous sommes conscients des changements à venir…»
Pour information, la France et l’Allemagne ont un assez bon régime de retraite. Mais il est difficile de dire que les Etats-Unis ont un meilleur système de pension que le Sénégal. Ils ont d’autres formes de compensation, comme jouer en Bourse ou à la loterie, ou encore souscrire à l’Assurance-vie. Rien qu’à regarder les films américains, l’on peut remarquer que la recherche de la fortune (par tous les moyens) y est presque normale. La garde des enfants pour couples divorcés, l’héritage, les procès nombreux autour de l’argent sont des signes particuliers aux Etats-Unis.
Revenons au Sénégal pour ce volet Santé des personnes du 3e âge, et des retraités allocataires en particulier. Et c’est pour remarquer qu’à l’origine, l’ancien Président Abdoulaye Wade avait proposé de verser pour le Plan Sésame 700 millions, à charge pour l’Ipres de compléter par 300 millions, et atteindre le milliard de francs Cfa. A ce jour, la dotation avoisine le milliard 500 millions.
Cela s’est bien passé pendant une certaine période, mais des difficultés ont surgi à un certain moment : le Plan Sésame était comme presque mort … le cas de l’Agarr (Association générale des allocataires retraités des régimes de retraite de l’Ipres de Saint-Louis) est une illustration de ce malaise.
Dans cette ancienne capitale du Sénégal et de l’Afrique occidentale française (Aof), il était de coutume que l’Ipres préfinance en matière de soins de santé, les structures sanitaires, en particulier l’Hôpital régional de la Ville tricentenaire.
Et puis un jour, cet hôpital signale à l’Ipres qu’il y a dépassement avec solde débiteur de 40 millions de francs. Très méthodiquement, il a été demandé à l’hôpital de prouver, documents à l’appui ce dépassement. Avec cette question suivante : Pourquoi l’hôpital de Saint-Louis, en son temps, n’a pas signalé l’épuisement de la dotation ? La conséquence, c’est que cet hôpital ne prend plus de lettre de garantie provenant de l’Ipres, au grand malheur des retraités de Saint-Louis, Richard Toll, Dagana et Podor.
Et pourtant, le Sénégal a une ancienne tradition de sécurité sociale, puisque le Régime de retraite est créé déjà en 1958 à travers l’Iprao (Institution de prévoyance retraite de l’Afrique occidentale). A cette époque, l’équivalent du Pca actuel c’était l’Agrom (Association générale des retraités d’outre-mer).
Mais à l’accession à l’Indé­pendance des pays de l’Afrique de l’Ouest, chaque nouvel Etat a créé  sa propre Caisse de sécurité sociale. Seul le Sénégal a créé deux (2) Caisses, avec une forte pression des Syndicats de l’époque. Ainsi la Caisse de sécurité sociale est publique, alors que l’Ipres est autonome : d’où une singulière originalité. Sur ces questions, le Doyen Madiop Thiam, présentement Président de l’Agarr et de la Farpas de Saint-Louis, en même temps 1er vice-président national de l’Agarr en sait  bien des choses. Et il souhaiterait les partager pour les nouvelles générations de retraités et allocataires. Du reste, ce doyen a formé plusieurs personnes dans le sens de la défense des intérêts matériels et moraux des retraités. Avec plus de 30 ans de service, il a servi à partir de 1965 à Dakar, à Saint-Louis et à Louga. Après la retraite, retour encore à Dakar à la Direction de l’Ipres.
Et puis pour parler ou critiquer la démarche de l’Ipres, il faut connaître les tenants et les aboutissants, au moins certaines questions fondamentales. A propos du salaire du Directeur général Mamadou Sy Mbengue, savoir qu’il est aligné sur la convention collective des banques. Et que le Président du Conseil d’Ad­ministration (Pca) Mamadou Racine Sy ne prend pas son salaire. Et surtout que le Pca fait du social envers les retraités à partir de sa propre poche, parce que déjà milliardaire.
Enfin, le clivage entre les retraités qui se taisent parce que disposant de pensions correctes, et les mécontents qui crient devant  micros et écrans télé, réside surtout sur un amalgame. Pourtant, les choses sont bien simples. Le retraité qui a cotisé pendant 30 ans en percevant un salaire élevé ne peut pas  avoir la même pension que le travailleur qui a cotisé 20 ans, avec un petit salaire.
C’est aussi cette simple réalité qui n’est pas souvent déclarée. Et il est permis de penser que l’Ipres dont la devise est «Gagner ensemble» va innover dans ses prestations en direction des retraités et allocataires. Aussi bien pour la santé que pour l’Habitat. Car il est reconnu que le vieillissement peut se faire en assez bonne santé, même si également les pathologies du 3e âge sont assez particulières.
A notre modeste niveau, et avec le même sentiment de certains retraités et allocataires, nous pensons devoir apporter ces précisions, et très juste d’adresser des remerciements, aussi bien au Directeur général qu’au Pca, en l’occurrence Monsieur Mamadou Racine Sy. Surtout pour ce qu’ils font dans le volet social.
Moussa DIALLO
Demeurant à Darou/ Saint-Louis
moussapendadiallo@yahoo.com

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