Véritables enjeux de pouvoir aux Législatives de juillet 2017


J’ai même l’impression que nos députés, Majorité comme Opposition, ne connaissent même pas la place de leur institution dans l’Etat, et son rôle.
La preuve, tous ceux qui parlent de candidature probable aux Législatives, parlent comme s’il s’agit d’une élection présidentielle pour choisir celui qui «détermine la politique de la Nation», et «nomme à tous les emplois civils et militaires»!
Ils proposent de créer des emplois, de baisser les prix des denrées, du transport et du logement, financer des groupements etc., etc. !
Ils ne se rendent même pas compte qu’ils trompent les Sénégalais.
Ils ne connaissent pas leur rôle qui est de faire jouer à l’Assemblée nationale son véritable rôle de propositions de lois, de contrôle de la politique de l’Exécutif, et d’évaluation des politiques publiques !
L’Opposition se donne comme objectif de «créer une cohabitation», alors qu’elle oublie qu’il ne peut pas y en avoir, même si elle a la majorité à l’Assemblée nationale. La Constitution du Sénégal ne lui permet pas de nommer un Premier ministre pour déterminer la politique de la Nation.
La Constitution ne reconnaît cette prérogative qu’au président de la République. Là aussi, elle trompe le Peuple.
Elle ne peut même pas bloquer la mise en œuvre de la politique de l’Exécutif qui peut se passer d’elle en exécutant son budget antérieur et sans lui proposer de nouveaux projets de loi durant les deux premières années de Législature, c’est-à- dire jusqu’en juin 2019.
Si elle ne gagne la Présidentielle. Le président de la République peut légalement dissoudre l’Assemblée nationale après juste deux ans pour convoquer la tenue de nouvelles Législatives.
Elle risque de se présenter à l’opinion en «parasite» qui perçoit chaque mois son salaire sans rien faire.
Tout ce qu’elle pourra faire donc, c’est de recourir à la rue pour tenter de faire tomber le pouvoir et procéder à un changement inconstitutionnel du régime durant les deux ans qui nous séparent de la Présidentielle de 2019.
Le cas échéant, c’est avec les forces de sécurité qu’elle aura affaire, pour sauver les Institutions républicaines, la stabilité et la paix indispensables dans un environnement de graves menaces terroristes.
Voilà à quel type de député et d’Opposition nous avons affaire !
Il est donc temps de remettre les choses à l’endroit en démasquant tout aventurier qui confond la Présidentielle aux Législatives.

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Ibrahima SENE
Pit/Sénégal

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