Deuil et fête


15 mars 2017, 15 avril 2017, juste un mois jour pour jour, que nous a quittés en ce bas monde Mame Cheikh Ahmed Tidjane Sy «Al Maktoum» (Rta) à l’âge de 91-92 ans.
Et «paf» le jeudi 16 mars, jour de surprise et de deuil pour tous.
Bien que d’âge avancé, à son retour auprès de son Seigneur, que l’on peut considérer de longue vie, tout le monde a été surpris, sensible, émotionné et endeuillé en même temps pour ce rappel à Dieu de Mame Cheikh Ahmed Tidjane Sy «Al Maktoum», sans distinction de religion, de tarikha, de race, de culture ou de Nation.
Tout un chacun ressentait une communion, une osmose avec le disparu de façon manifeste ou non manifestée, car les dimensions plurielles, horizontales et verticales de l’homme se sont subitement explosées dans les consciences en souvenir de ce qu’il a incarné et transcendé durant toute sa vie. Et depuis ce jour, au Sénégal et un peu partout dans le monde, chaque citoyen du monde islamique et du monde en général qui rencontre l’autre lui présente ses condoléances de façon réciproque pour ainsi manifester son affection et son attachement de près ou de loin envers «Al Maktoum», Mame Cheikh Ahmed Tidjane Sy. Bien qu’il ait toujours défendu à tous ses proches et les autres, et durant toute sa vie, de révéler une plus petite partie  de sa dimension spirituelle. Et moi, j’en sais quelque chose, car en 2005, j’avais produit un document qui parlait exclusivement de sa dimension spirituelle, et non seulement il m’a ordonné à travers «Baay Omar Samb» de détruire totalement ce document avec une fermeté absolue, sans appel et dont je ressens les frissons jusqu’à présent. C’était un 31 décembre 2005 à 3h du matin, à son domicile à Fann, près du restaurant le Relais. Et par la suite (sa martaba, c’est-à-dire la partie supérieure de sa dimension spirituelle) m’a sévèrement puni, indépendamment de sa volonté.
Et durant l’année 2006, j’ai rêvé à 3 reprises la nature de ma faute, les sanctions infligées à mon endroit et la durée de celle-ci. Et depuis cette expérience, s’il m’arrivait de découvrir un nouvel aspect de sa dimension spirituelle, je le garde pour moi ou j’en parle à de tierces dans la plus grande discrétion. Et j’ai compris par la suite que d’autres avant et après cet événement de 2005 avaient découvert beaucoup plus que moi de sa dimension spirituelle, et ont gardé le silence ou ont  parlé en toute discrétion à des personnes  limitées, comme c’est ainsi qu’il le veut.
Et c’est peut-être pour cela que sous l’ordre des cieux, le temps et l’espace ont témoigné pour lui en révélant sa dimension mystique qu’il a toujours voulu cacher, épargner, laisser vierge et en s’endeuillant eux aussi de la façon que l’on sait. Il a toujours placé sa dimension spirituelle sous boisseau ou en corbeille pour reprendre les utilisateurs des Tic et s’est toujours contenté de nous céder sa vaste culture générale islamique et moderne en recto-verso, car il a toujours estimé, peut-être, que cela suffit pour nous allaiter, nous téter, afin de nous préparer à être des hommes accomplis, c’est-à-dire des hommes avec un grand H.

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Et il l’a réussi avec brio Ceux  qui ont eu et qui auront à écouter et suivre ses orientations de 1945 à 2017, et après 2017, en savent et en sauront quelque chose. Et c’est très compréhensible, parce que l’homme était si bien aimé par tous, partout, de près ou de loin et cela depuis toujours. Les 15 et 16 mars, jour de deuil… Pourquoi ? Parce qu’au fond personne, je dis bien personne, n’aimait et n’a jamais aimé entendre un jour un avis de décès concernant Mame Cheikh Ahmed Tidjane Sy. Parce que personne ne sera rassasié de lui (keenna dou massa doyal thi moom). Jour de deuil même pour l’espace et le temps, ont cru constater les uns et les autres durant les 48 heures du 15 et 16 mars 2017 et les jours qui ont suivi durant une semaine. Le temps et l’espace (au niveau micro) avaient de drôles manifestations, même moi, j’en ai observé quelques-unes ici et là et diverses personnes m’ont par la suite raconté les leurs. Le temps visiblement avait changé, quand j’ai fait la remarque à diverses personnes qui m’ont par la suite rejoint sur ce fait extraordinaire. Cela a une relation ou non. Seule Dieu le sait. De toute façon, si c’était le cas,  le temps et l’espace se sont endeuillés. Et cela ne peut être une surprise pour l’honneur de Serigne Cheikh, pour ceux qui savent et pour ceux qui sont les initiés. La preuve, n’a-t-il pas écrit dans un poème en 1959, alors qu’il était en prison (à Rebeuss) pour des raisons politiques, je cite : «1- fa ileyka yaa ibn mouhamadine naadaanii, 2- chiyamoun tou hakhihou djawharal innssaanii». Dans ce vers, il faut souligner et retenir le mot «inssaanii» qui veut dire en wolof «nitté» et en français un homme avec un grand H. Pour la traduction de ce vers, essayons cela : A travers vous «Cheikh Ahmed Tidiane Cherif» le fils différé de Mohamad «Psl». Entre toutes, parmi les valeurs, dimensions et vertus que Dieu vous a gratifié en toutes réalités, parmi ses innombrables perles pour ainsi dire, j’en ai choisi qu’une seule et une seule à la place et lieu de toutes, c’est d’être un homme avec un grand H «nitté».
C’est pourquoi  il a caché  ses dimensions spirituelles. Et ses dimensions spécifiquement scientifiques, sociologiques, psychologiques, économiques et tant d’autres (nous y reviendrons à la prochaine contribution) et a choisi de donner en tronc commun (avec ses subtilités, ses angles d’attaque, ses approches, et ses développements qui lui sont strictement propres et personnels pour nous distiller) sa veste culture islamique et sa culture générale moderne en cadeau envers la race humaine et pour la postérité. Et c’est pourquoi dans ce même poème, il dira également dans un autre vers, je cite : «1- Maa manntikhou illa wa dounna tahakhoullii, 2- Maa hib ratou illaa wa dou’ou nna bayaanii». Entre toutes les autres dimensions multiples et plurielles qui se trouvent dans ce poème en général, il n’a choisi que ce seul vers comme support pour incarner et transcender en acte et en parole tout ce qu’il a fait et réalisé de 1945 à 2017.
N’avait-il pas dit dans sa jeunesse dans une de ses innombrables citations en français qu’il nous a léguées, je cite : «Je suis un marabout parmi les marabouts, un intellectuel parmi les intellectuels, un homme d’affaires parmi les hommes d’affaires et même un bandit parmi les bandits quand il le faut.» Pour ainsi nous faire comprendre très tôt qu’un homme doit être multidimensionnel, car comme il le dit : «faratalla » c’est une obligation, car c’est dans les possibilités de l’homme et c’est ainsi que Dieu a créé et préparé l’homme de Adam (HS) (notre ancêtre) pour se réaliser.
Dans sa jeunesse alors qu’il était chef de parti, le (Pss), Parti de la solidarité sénégalaise, un de ces adversaires politiques lui lança cela (au cours d’un meeting de son parti) je cite : Cheikh Tidjane Sy, tu aimes trop la vie pour mériter la confiance de Dieu. Serigne Cheikh lui  aussi (dans un meeting de son parti lui répond), je cite : Monsieur ‘’tel’’ j’ai entendu son message à mon endroit et je lui réponds ceci, je cite : Et toi aussi, tu détestes trop la vie pour mériter le vicariat (c’est-à-dire le khalife) de Dieu sur terre qui est commun à tous les hommes depuis Adam (HS) jusqu’à la fin des temps.

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(Moi j’aime trop la vie, lui il déteste trop la vie : alors, laissons le temps nous juger et nous verrons les résultats finaux, ne devons-nous pas comprendre).

(15 avril 2017)
Jour de deuil sans doute, mais également jour de fête
Jour de deuil pour ceux qui sont de ce côté (l’espace et le temps, les hommes et les djinns) dans le monde inférieur. Jour de fête également pour ceux qui sont de l’autre côté : «De Barzakh aux 7 cieux, des 7 cieux à Kourssiyou, de Kourssiyou à Arach» dans le monde supérieur, je suis convaincu que chacun parmi les serviteurs de Dieu qui s’y trouvent, chacun sûrement disait à son prochain je cite : félicitation et ensemble, souhaitons la bienvenue :

A sa béatitude Mame Cheikh Ahmad Tidjane Sy «Al Maktoum», le patriarche universel
Ici-bas, hommes et djinns se présentent mutuellement les condoléances  et  également là-bas de l’autre côté, ils se congratulent, se donnent des accolades pour recevoir à eux aussi leur bien-aimé. Et c’est pourquoi on  dit : Jour de deuil et jour de fête, jour de fête et jour de deuil. Cela dépend de quel côté on se trouve. Et en laissant ses félicitations pour ceux qui sont de l’autre côté (le monde supérieur) et également à ceux qui ont les possibilités de vivre des évènements dans les deux mondes. Et nous, à cette occasion, nous présentons nos condoléances à tous les hommes et les djinns qui vivent ici-bas. Et à tous les musulmans du monde entier. A tous les  chefs religieux du Sénégal et du monde entier, à tous les citoyens sénégalais et ceux du monde entier, nous présentons nos sincères et attristées condoléances. A la famille de Cheikh al Hadji Malick : à Serigne Abdou Aziz «Al Amine» le khalife, à Serigne Mbaye Sy Mansour, à Serigne Pape Malick, à Maodo, à Serigne Mbaye Sy Abdou, à Serigne Mansour Sy Djamil, à Cheikh Sy Serigne Mansour «Borom Daaradji», aux fils, petits-fils et arrière-petits-fils et toute la lignée  de Maodo (Rta). A notre Maman à nous tous, Sokhna Aïda Dème, fils, filles, à toute la lignée. Et particulièrement également à Serigne Pape Malick lignée et rejetons, au merveilleux Serigne Mansour al ibn en Europe, à Serigne Habib, à Mame Maodo de «relais», à Pape Cissé Sokhna Oumou «Wagn», aux jumelles : à Sokhna Kiné «Tivaouane» et Sokhna Kiné «Dakar», aux jumeaux (maa chaa allah)  Mame Cheikh Sy «Dakar» et  Mame Cheikh Sarr «Tivaouane» et à leurs frères et sœurs, oncles et cousins, à la famille de feu Baay Omar Samb (Mame Khalifa Samb, frères et sœurs) et à tous ceux qui sont de près ou de loin au service de Mame Cheikh et de sa Famille, ceux qui sont connus ou ceux qui sont totalement dans l’ombre, à eux tous et toutes, et familles, nous leur présentons nos sincères et attristés condoléances. A la Dmwm, la Dahiratoul moustarchidina wal moustarchidaty, membres et sympathisants.
Et enfin au (Rm) de la Dmwm, au responsable moral de la Dahiratoul moustarchidina wal moustarchidaty : A Sayid Mouhamadou Moustapha Sy, nous présentons ici au nom de tous et de toutes nos sincères et attristées condoléances. Au responsable moral qui a aujourd’hui la responsabilité d’interpréter les vœux et œuvres de tous ses prédécesseurs pour préparer les héritiers de demain qui auront à matérialiser les orientations de Mame Cheikh pour les siècles à venir. C’est lui-même, Mame Cheikh qui l’avait dit en citation dans la langue wolof en son temps, il y a très longtemps, je cite :
«Dée ndame la – thi kou sankoul doundame.» Aujourd’hui cette citation lui va comme un boubou, sa mort est une victoire contre la mort, donc il vit toujours et ne mourra jamais.
Papis Daouda SALL
Médina Rue 19 X 24
barasall.buuruguede@outlook.fr

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