Législatives du 30 juillet : cohabitation ou confrontation ?


Les élections législatives du 30 juillet 2017 au Sénégal seront cruciales  pour deux raisons au moins :
Soit, les Sénégalais décident de redonner la majorité au Président Sall et le laissent continuer à dérouler son programme de gouvernement : le Pse.
Soit, les Sénégalais décident de donner la majorité à l’opposition, qui contraindra alors le pouvoir actuel à la cohabitation. L’opposition devant également se résoudre dans ce cas, à faire face un Président non issu de ses rangs, ce qui va rendre difficile voire impossible la concrétisation de ses propositions de loi.
De ces deux scénarios, je choisirais le premier, non pas que je sois satisfait des acquis de la législature sortante mais par souci de cohérence et de stabilité.
Je ne suis pas satisfait, puisque je m’attendais à des innovations de taille avec cette législature : création de commission d’enquête sur les questions de bonne gouvernance pour éclairer l’opinion, et Dieu sait que certains dossiers l’auraient mérité, meil­leure évaluation des politiques publiques pour se conformer à la modernité budgétaire de la gestion axée sur les résultats etc.
Pour autant, la configuration du calendrier républicain (élections législatives précédant la Présidentielle) n’autorise pas par souci de cohérence, à refuser au Président actuel une majorité pour continuer à gouverner tranquillement. Autrement, son bilan sera amputé d’une année et demie pour cause d’instabilité gouvernementale, qu’il sera difficile de lui imputer en 2019.
C’est pourquoi la majorité présidentielle devra réussir ses investitures en mettant des hommes de qualité (l’homme qu’il faut à la place qu’il faut), con­vaincre les électeurs que les prochains députés vont être d’honorables et dignes représentants du Peuple, et redonner à l’As­semblée nationale toute sa stature  de représentation nationale.
On a en mémoire le blocage institutionnel au Niger qui a provoqué en 1996 le coup d’Etat du Président Mainassara, puisque la majorité parlementaire s’opposait systématiquement au Président, rejetant les  projets de loi émanant du gouvernement. On se rappelle aussi du bicéphalisme qui a prévalu en 1962 entre Senghor et Mamadou Dia.
Le Sénégal, devenu hyper attractif pour tous les grands investisseurs du monde : taux de croissance en constante progression, stabilité politique, ressources humaines de qualité enfin, et surtout des ressources gazières et pétrolières de classe mondiale, se passerait volontiers de tels scénarios.
La vraie bataille politique à notre avis reste la Présidentielle, et selon le camp qui va gagner en 2019, l’assemblée issue des élections du 30 juillet pourra poursuivre sa mission ou sera dissoute. Notre Constitution permet en effet, au président de la Répu­blique, après 2 ans de législature, de dissoudre l’assemblée et d’organiser de nouvelles élections.
Quel que soit le cas de figure, l’Assemblée nationale, poumon naturel dans toute démocratie qui se respecte, devra polir son image pour garder sa stature et son rang institutionnel.
Mamadou BA
Consultant en ressources
 humaines
Diplômé Ena Sénégal et France
allodrh.com@gmail.com

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