Manko wattu senegaal ou la réincarnation du «monstre»


Le Sénégal a connu de 2000 à 2012 une période de mutation politique louvoyante et périlleuse pour la démocratie et la République, au terme de laquelle l’effroi a habité la plupart de ses citoyens qui ont découvert  ce qui se tramait derrière tout un mélodrame politique familial au sommet de l’Etat. Un météore politique au sein de la galaxie des régimes classiques prenait forme, «un monstre politique» en gestation à travers une constante aristocratique autour de laquelle s’est constituée déjà une bourgeoisie milliardaire et qui se préparait à une dévolution monarchique dont les actes du sacrement étaient en train d’être posés avec l’introduction dans la Constitution du poste de vice-Président et le projet de modification de celle-ci pour introduire «le quart bloquant».
En effet, les faits parlent d’eux-mêmes : arrivé au pouvoir sous la bannière d’une coalition, le Pds a vite fait de renier le principe de «gagner ensemble et gouverner ensemble» et s’est subrepticement débarrassé de tous ses alliés idéologiquement encombrants pour s’aligner sur l’idéologie libérale, à l’air du temps. En vérité, cette option idéologique aussi saugrenue que dénuée de fondement historique dans un pays sous-développé, pauvre, très endetté, sans bourgeoisie nationale, ne se justifiait que pour avoir une caution des maîtres du monde, mieux museler et isoler ses adversaires potentiels de gauche pour réaliser sans coup férir son véritable projet politique, taillé sur mesure à l’âge du fils. A qui pensait-on quand on disait que le Pds  allait régner 40 ans sur le Sénégal ?
N’est-ce pas cette obsession pour le fils et l’empressement pour aider ce dernier à avoir la main des affaires en lui confiant l’Anoci, puis les ministères du ciel, de la terre, de l’Energie, de la Coopération internationale, mais aussi le désir et l’ambition de ce dernier à s’affirmer devant le gotha autour du père qui a éloigné la plupart des lieutenants attitrés de première heure, avant que l’alerte ne soit donnée le 23 juin 2011 et le tocsin donné le 22 mars 2012 ?
Alors,  le parti s’est désagrégé depuis, mais avec la traversée du désert sans perspective de survie pour certains fragments, l’heure est au rafistolage. Ainsi, un simple coup d’œil sur le portefeuille de Manko wattu senegaal, de ce qui en constitue le noyau dur, hormis le coordonnateur, ramène les mêmes visages de proue qui hier encore défendaient bec et ongles le plan de dévolution monarchique ou se réclamaient actionnaires du Pds. Autrement, c’est une métamorphose du camp du «Non» d’hier qui a été laminé. L’on n’a pas besoin de citer des noms, nous les connaissons tous et aujourd’hui encore, ils ne s’embrassent pas de scrupule dans leur plan machiavélique d’affubler le monstre d’apparats «neufs», Manko. Les pancartes, les slogans et leur fébrilité lors de leur meeting de la rue 25 n’ont fait que trahir leur plan.
Il appartient alors aux patriotes, aux forces de défense de la République d’hier, aux composantes de Benno bokk yaakaar de redoubler de vigilance pour barrer encore une fois la route au monstre. Cette œuvre exaltante ne sera réussie que dans un esprit de dépassement, d’abnégation, de générosité, de sacrifices pour la patrie. Cher Peuple, vous n’avez pas droit à l’erreur dans votre choix, car étymologiquement Manko charrie une connotation d’intrigue, de spontané et de provisoire, alors que Benno distille confiance, durabilité et assurance.
Waly NDIAYE
Benno Bokk Yaakaar
Commission des Cadres

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