Diaspora sénégalaise : la nécessaire et/ou inévitable intégration pour le développement du pays


Diaspora sénégalaise : la nécessaire et/ou inévitable intégration pour le développement du pays

Avec la réforme constitutionnelle du mois de mars 2016, les sénégalais de la Diaspora vont être emmenés, à élire des députés issus d’eux, pour les représenter à l’Assemblée Nationale. Cette avancée démocratique doit être saluée, même si elle ne fait que remédier à un déni étatique, et à une rupture d’égalité.

Depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, pour la première fois de notre histoire politique, les expatriés sénégalais participent directement au choix de leurs représentants, dans le cadre d’élections libres et, démocratiques. La Diaspora longtemps ostracisée des politiques publiques ou, des affaires de l’État, dans une certaine mesure avec notre consentement implicite, voit reconnaître une vieille revendication.

Ce nouveau droit (élection de ses propres députés) n’est que la première strate, pour une intégration totale comme des acteurs actifs de premier rôle, dans la marche générale de l’État et, de ses démembrements. Sénégalais à part entière, sans privilège mais par équité, les sénégalais de l’extérieur doivent être associés au développement du pays, comme nos compatriotes de l’intérieur, d’où, une véritable politique d’intégration doit être inconditionnellement pensée et, mise en œuvre.

Aussi, par cette reconnaissance, nous pouvons penser à tort, sans doute, que nos gouvernants commencent, à prendre conscience, de l’éventuel apport beaucoup plus large de la Diaspora. Même si les deux éléments (potentialité et ce nouveau droit) ne sont pas liés, c’est-à-dire disjoints dans notre entendement. Toutefois, leur association, dans l’intérêt du Sénégal, ne ferait que donner plus d’acuité, à toute nouvelle politique d’intégration orientée, si telle est la volonté des décideurs politiques.

Point n’est question, dans notre esprit, d’opposer deux types de sénégalais (ceux de l’intérieur et, ceux expatriés) qui d’ailleurs ne font qu’un (comme l’un n’est pas plus méritoire que l’autre). Nous voulons, seulement, inviter à une réflexion pour articuler nos expériences respectives, et trouver les voies et, moyens pour développer le pays. Car, son sort et, sa destinée nous incombant aussi, son dépérissement, son délitement, sa stagnation ou, sa déliquescence nous interpelle et, nous interroge forcément, surtout avec notre regard et, notre observation lointains.

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Sans minorer, ou sans mésestimer les compétences, expériences et/ou expertises des locaux sénégalais, toutefois, les émigrés ont acquis dans des pays très développés (France, États Unis, Allemagne, Royaume Uni, Canada…), une autre culture et, une autre approche sociale et, professionnelle différentes et, beaucoup plus évoluées. Pour causes, la plupart des stages de remise à niveau, des sénégalais de l’intérieur, se font dans ces pays ou, dans des pays ayant des niveaux de connaissances et, de savoirs comparables. De même, les séjours professionnels prolongés des expatriés dans des pays plus avancés techniquement, scientifiquement, industriellement, et/ou, économiquement, restent un atout considérable, à prendre pareillement en considération. D’où, les expertises professionnelles accumulées dans ces pays, ne peuvent être que bénéfiques, si elles sont conjuguées, à celles de nos compatriotes restés au pays.

Étant donné qu’il est du devoir de tout citoyen de participer, à hauteur de ses moyens au redressement et, au développement de sa Patrie, par ailleurs, ce que les émigrés ont très tôt compris. L’exemple de ses envois financiers qui augmentent d’année en année, confirme notre affirmation. Autrement, qu’aurait été le pays ou, dans quel état il serait, si les personnes de la Diaspora ne soutenaient pas/plus leurs familles, ou cesser de participer (directement ou indirectement) à son équilibre ou, à sa stabilité (sociale, économique…) ?

Nous ne pouvons et, de surcroît nous ne devons plus rester passifs, ou rester distants et, détachés, pour accepter tacitement la situation dans laquelle nous étions rangés. D’autant que « qui porte sa part du fardeau doit avoir sa part du droit […] » (Victor Hugo). Donc participer à une réflexion permettant de définir, et, de poser des actes positifs aux antipodes, de ceux menés depuis des décennies, pour sortir le pays de sa torpeur qui perdure, depuis notre accession à l’indépendance, nous concerne tous. Comment ne serions-nous pas concernés, ou comment devrions-nous accepter ou, nous satisfaire du recul ou, de l’enlisement du pays dans la pauvreté ? Faut-il le rappeler, pendant le même temps, des pays qui étaient dans une situation économique ou, de développement comparable à la nôtre, il y a cinquante ans, sont aujourd’hui qualifiés d’émergeants (la Chine), ou considérés comme développés (la Corée du Sud).

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Sans démagogie aucune, ou sans aucune survalorisation du potentiel de la Diaspora, celle-ci est, de notre point de vue, l’axe par lequel, le développement du pays va forcément passer. Ne pas reconnaitre cette réalité, ou feindre de la nier, et ne pas œuvrer en l’associant dans les projets mis en place ne fait que nous retarder plus encore. Au-delà des sacrifices, tout développement repose sur des compétences et/ou des expertises humaines. Donc, notre pays ne peut avoir un tel objectif et, ne pas faire participer, tous ceux qui sont susceptibles d’y contribuer positivement. D’où, l’intégration pleine et, entière des ressortissants sénégalais de la Diaspora est un impératif qu’aucun retard, ou qu’aucune hésitation ne saurait justifier.

Selon nous, faute d’une sérieuse correction dans les politiques publiques, pour (ré)insérer les expatriés ayant des compétences avérées, dans tous les secteurs utiles au fonctionnement et, au développement d’un État, tout projet ayant cette visée serait foncièrement hypothétique. Que cette piste ne soit pas exploitée par méconnaissance, même si cela est difficilement compréhensible, peut néanmoins être entendue. Par contre, si nos dirigeants ont sciemment fait ce choix, simplement par culture de médiocrité, une telle décision ou, orientation politique doit être vigoureusement condamnée, parce que vraiment abjecte. Puisqu’ils auraient préféré sacrifier le pays, pour des intérêts purement personnels ou, claniques.

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Nous ne saurions conclure sans relever et, sans rappeler, médiocrité et nullité n’ont développé ou, fait avancer nul pays au monde, ce que le président de la République Macky Sall devrait méditer profondément. Même, avec des slogans grandiloquents pour tromper (comme l’émergence), malheureusement et, à notre grand désespoir, il (Macky Sall) excelle dans une incapacité notoire en tout domaine.

Au moment où d’importants gisements de pétrole et, de gaz sont découverts, le reconduire pour un second mandat en 2019, c’est confier des allumettes à un benêt aux abords d’un gazoduc en fuite. Puisque, sa très grande légèreté, entre autres, dans l’affaire PETROTIM, et dans les contrats pour les constructions de l’autoroute ILA TOUBA et, du TER sont autant d’inquiétudes et, de raisons pour ne lui accorder une once de confiance dans la direction et, gestion des ressources nouvelles du pays.

Ainsi, si le calendrier des élections législatives est finalement respecté ; le 30 juillet prochain donnera au peuple l’occasion, d’adresser au Chef de l’État un sévère avertissement. En votant massivement pour les listes coalisées de l’opposition politique et, surtout celle de la coalition Mankoo Taxaawu Senegaal (MTS), en attendant son exclusion démocratique, aux élections présidentielles de 2019.

Daouda N’DIAYE
Juriste/Analyste politique
Article dédié à Alioune Badara DIOP

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