Dakar n’a pas de maître


«Il est député», jubilent des partisans du «maître» de Dakar, donnant raison à Sénèque, à Epictète et Marc Aurèle. Ces théoriciens du stoïcisme impérial, ou romain ont enseigné que le destin relève d’un système universel dont l’organisation et les mécanismes échappent à l’homme qui ne maîtrise que son jugement et ses représentations : «Tout est opinion et l’opinion dépend de toi.» Marc-Aurèle.
Ainsi, les maîtres de Dakar «socialistes des valeurs», changent d’opinion et semblent fiers de se retrouver avec un seul député élu, sur la longue liste nationale, grâce à l’apport de souteneurs et autres aventuriers politiques de tous bords. L’am­bition de départ était de contrôler l’Hémicycle, d’en faire d’abord un contre-pouvoir, pour gêner voire freiner l’action du gou­vernement et ensuite un trem­plin, pour accéder à la Ma­gis­trature suprême.
L’autre Maître, déjà candidate sans espoir en 2014, au poste de Secrétaire général du Parti socialiste, s’en tire grâce à la magie du plus fort reste. C’est une décision du Peuple sénégalais appelé à choisir en toute souveraineté ceux qui devront le représenter à l’Assemblée nationale qui a mis fin à leur rêve de se faire roi.
Paradoxalement, les chefs de la dissidence socialiste, conscients que les départements de Dakar et Podor ne sont pas à leur portée, se sont sagement réfugiés, en bonne place, dans les listes nationales. La précaution est passée par là. Il est évident qu’avec le soutien du Parti socialiste, dans la coalition Bby, ils auraient été élus et permis l’élection de leurs affidés qui au­raient certainement fini par tourner le dos au parti, comme ils l’avaient fait après les élections législatives de 2012.
Cependant, l’observateur politique peut être surpris de découvrir à l’occasion de ces élections législatives encore «bruissantes» dans nos oreilles, que le Maire n’est point maître de Dakar, qui appartient aux Sénégalais. La victimisation et la diffamation n’ont pas prospéré, car les Séné­galais savent élire et défaire, sur la base de leur propre grille de lecture. Ils ont su séparer la bon­ne graine de l’ivraie, tout comme ils ont su distinguer la caisse d’avance des fonds politiques, par exemple.
Ils savent également que le Ps est un parti souverain qui joue pleinement son rôle dans la vraie coalition gagnante, celle-là même qu’il a contribué à concevoir et à mettre en œuvre. Le parti socialiste est dirigé par des hommes de valeur, ignorant ce qu’est la trahison et les coups bas, dont l’action est essentiellement centrée sur les intérêts du pays, sur l’homme, sur l’effort et sur l’intention du bien ; un parti qui ambitionne de conquérir et d’exercer le pouvoir, dans le respect de la loi et des règles du jeu démocratique ; un parti qui ne s’accommode jamais des démolisseurs de l’Etat et de la démocratie.
Son Secrétaire général, le président Ousmane Tanor Dieng, manager hors pair, a su compter, fort heureusement, sur des compétences dévouées, comme le ministre Serigne Mbaye Thiam qui, à l’époque, avait rejeté, avec courtoisie et fermeté à la fois, la main tendue du Président Abdoulaye Wade, préférant la dignité de son statut d’opposant, à celui de ministre transhumant. Intellectuel brillant et efficace, dont l’action dans le Parti et dans la coalition Bby est connue et appréciée de tous, il a comblé le vide créé par l’absence de certains responsables appelés ailleurs par l’ambition personnelle. Pourtant, il fait preuve d’humilité et de courtoisie, partout et en toute circonstance.
Ils sont nombreux, ces hommes et ces femmes de conviction et d’actions adultes et jeunes qui, à l’instar du sage et discret Mame Bounama Sall et à tous les niveaux de la pyramide, portent le combat, pour le triomphe du parti, sous l’autorité acceptée du Secrétaire général, à qui ils vouent respect et considération.
En réalité, le désespoir et la déception habitent nos dissidents qui ne peuvent se suffire de ce butin maigre d’un député, pour toute la bande. C’est également le désarroi chez eux, car ils devront trouver une tribune autre que le Parlement, pour déstabiliser le régime. Ils de­vront également tirer les conséquences de leurs actes de défiance, de vandalisme et autres comportements tout aussi condamnables de ces deux dernières années, ou alors éclairer les Sénégalais et particulièrement les socialistes, sur le paradoxe de leur position qui les met à la fois dans la majorité, en demeurant socialiste, et dans l’opposition, en combattant le gouvernement de la coalition.
Avant eux, d’autres personnalités d’une plus grande envergure se sont sentis un destin présidentiel et ont quitté le navire socialiste, après avoir rêvé de s’emparer du gouvernail. Leurs bateaux sont devenus des canoës et des radeaux. Une certaine posture dans le parti confère de la notoriété, que l’on perd progressivement ou brutalement, en le quittant. Le Parti socialiste est béni, cette œuvre impérissable du Président Senghor, rien ni personne ne peut le détruire.
En vérité, Dakar n’a pas de maître. Personne ne peut prédire avec justesse ce qu’ils feront demain, dans le secret de l’isoloir. Leurs choix dépendront forcément du comportement de ces hommes politiques qu’ils analysent finement, à leur insu et sanctionnent.
Ibra FALL
Secrétaire Général 22me B
Chargé de la communication de l’Union Départementale de Pikine
Parti Socialiste
ibra.fall0553@gmail.com

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