Lettre à son Excellence Macky Sall, président de la République du Sénégal


C’est moi Penda Mbow, simple citoyenne, qui vous adresse cette lettre.
Je viens solennellement auprès de vous solliciter votre clémence concernant le cas des trois filles que sont Oulèye Mané, Amy Collé Dieng et Penda Ba.
Après que j’eus remémoré le cri de la maman de Oulèye Mané, écouté le père de Penda Ba, je pris la décision d’écrire cette demande de clémence.
Lorsque, il y a quelques mois, Monsieur le Président, Me Abdoulaye Wade vous avait attaqué, le Peuple sénégalais s’était dressé comme un seul individu pour prendre votre défense et apprécier hautement votre esprit de dépassement.
Il est vrai qu’il est extrêmement difficile de supporter les insultes, les calomnies et les méchancetés gratuites, mais vous êtes le père de la Nation. Et dans la philosophie musulmane, il est dit que chacun est «un berger et chaque berger est responsable de son troupeau». Ces trois filles font partie de votre progéniture et elles ont besoin d’éducation. Vous pouvez par exemple les affecter à des travaux d’utilité publique, mais de grâce épargnez-leur la prison. Au fond, leur impertinence leur a valu un tollé dont elles se passeraient volontiers et cela suffit déjà comme une belle punition.
Lorsqu’en 1992, je fus durement attaquée par certains islamistes, j’avais déposé une plainte et feu Elhadj Abdoul Aziz Sy, khalife général des Tidianes nous avait convoqués à Diacksao, mon père et moi, pour m’exhorter à retirer la plainte. Il me fit pendant des heures un cours magistral sur le pardon. Depuis ce jour, je compris le sens de cette grande vertu, et je n’ai jamais regretté d’avoir suivi son conseil.
L’expérience de Oulèye, Amy et Penda montre à suffisance que les filles doivent s’engager dans les organisations citoyennes, les partis politiques qui ont le devoir d’ouvrir des écoles en leur sein pour encadrer la jeunesse fragile et exposée à toutes sortes d’aléas.
Quant aux parents, c’est un impératif catégorique que de rester attentifs à leurs enfants. Nous sommes dans un monde de turbulences.
J’ose espérer, Monsieur le Président, que vous répondrez favorablement à ma missive.
Avec mes salutations respectueuses
Penda MBOW

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