Sos sur la situation d’abandon du département de Bakel


Selon l’adage, «l’espoir est le dernier à vivre», cependant à force de vivre dans l’espérance, on meurt dans le désespoir… Le département de Bakel, fort de ses 250 000 habitants (2% de la population) sur une étendue de 22 378 km² représentant 11% du territoire national, a malheureusement, toujours été dans les oubliettes par tous les gouvernements successifs depuis l’indépendance du Sénégal jusqu’à nos jours.

Dieu sait qu’il y a eu des promesses mais toujours des promesses et encore des promesses. Certains responsables politiques oublient parfois qu’ils étaient passés moult reprises pour répéter les mêmes engagements devant les mêmes populations. L’art de la politique a ses réalités !!!

En 2017, le département manque de tous les services sociaux de base (Infrastructure, Santé, éducation, eau,…). C’est l’un des départements qui concentrent le plus de communes pauvres au Sénégal. Concernant les routes, depuis l’indépendance, nous attendons avec impatience la réalisation du réseau secondaire Ballou/Gandé avec une connexion à Diawara. Un axe très stratégique qui boostera l’économie locale et améliorera les conditions de vie.

Sur le plan de la santé à Bakel, il n’y a qu’un seul centre de santé, très sous-équipé, pour une population de 250 000 habitants dont 52% ont moins de 25 ans et 10% ont plus de 65 ans, donc des personnes d’extrême vulnérabilité. Sans oublier de souligner l’existence de plusieurs localités qui sont des déserts médicaux.

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Quant à l’éducation, au-delà des abris provisoires très fréquents dans le département, il faut regretter le manque de classes pédagogiques, le manque cruel de professeurs, l’absence totale de certaines matières, par faute d’enseignants qualifiés.

Il s’y ajoute un taux de chômage très important à Bakel par rapport aux autres départements de mêmes dimensions (population et surface). Il est affligeant de constater un taux de chômage qui dépasse les 55% surtout pour la classe d’âge 18-25ans.

Les quelques réalisations constatées sur le terrain, sont faites par les braves immigrés de la diaspora bakeloise en Europe, en Afrique et ailleurs. Ces natifs du département se sont organisés en association villageoise ou en Gie pour réaliser des projets humanitaires et de solidarité afin de soulager la population locale. Quel serait le degré d’avancement de l’exode rural s’il n’y avait pas cette diaspora qui fait vivre les familles ? Malgré la volonté infinie de servir la localité en essayant de sortir les familles du désarroi, la capacité financière de ces migrants reste très limitée pour réaliser des projets de grande envergure qui sont à la base des services régaliens de l’Etat tels qu’infrastructures, équipements sanitaires, éducation, eau et l’assainissement.

Toutefois, l’approche républicaine et l’équité territoriale exigent la responsabilisation de tous les fils du Sénégal aux instances de décision. Force est de constater que pour les postes de nomination, le département est toujours dans les oubliettes, encore dans les oubliettes, pour ne pas dire dans les oubliettes… Pour illustrer ce propos, la seule personnalité du département depuis l’indépendance, qui était dans les sphères du gouvernement, reste Monsieur Cheikh Abdoul Khadre Cissokho sous le régime du Président Abdou Diouf. Il s’y ajoute, le Professeur Abdoulaye Bathily qui a été ministre à deux reprises dans des gouvernements différents. Mise à part ces nominations en trompe l’œil, il n’y a aucune autre nomination à des postes de haut niveau de responsabilité dans les directions générales ou ministères. Pire, aucun fils du département connaissant les réalités locales du département n’est présent dans les instances de décision.

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Et pourtant, cette localité regorge d’intellectuels talentueux et pétris de compétences dans plusieurs domaines dont le sérieux, le travail et la détermination sont connus et salués par tous. Par ailleurs, certains sont de grands responsables politiques ambitieux et rigoureux avec une volonté immense de servir à l’intérieur du pays ou à l’extérieur.

Permettez-moi de vous interpeller, cher président de la République, son Excellence Monsieur Macky Sall ainsi que toutes les instances de décisions à plus d’ouverture et au respect du principe d’équilibre de la République et d’équité territoriale. A mon sens, la première ressource naturelle du Sénégal reste encore la qualité de ses ressources humaines.

 

Souaibou KOITA
Trésorier Général de la Des
Apr France

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