Aéroport Léopold Sédar Senghor : Ne pas rater l’atterrissage final


L’ouverture des portes du nouvel et très moderne aéroport de Diass, situé à une quarantaine de kilomètres de Dakar, est annoncée pour, prochainement, le 7 décembre 2017. A cet effet, tout le trafic aérien et une bonne partie des déplacements urbains vont être dirigés en direction de cette aire géographique.

Une nouvelle donne, avec des implications de diverses natures notamment, relatives à la mobilité, aux transports, à l’économie, au foncier…, se fait jour.
Un enjeu de taille retient notre attention, vu sa sensibilité et sa raréfaction dans la ville de Dakar : le foncier. En effet, une question nous triture les méninges : Quelles seront les nouvelles affectations de ces énormes hectares de terre qui seront libérées ?

En effet, le dernier avion atterrira bientôt sur le tarmac de l’aéroport et près de 800 ha de terres seront retirées à des fins de navigation aérienne pour être réaffectées à d’autres usages. Il demeure certain que depuis que cette information a été livrée ou bien avant même, d’énormes appétits fonciers se sont aiguisés du côté de nombreux promoteurs immobiliers et des particuliers tapis dans l’ombre pour mettre la main sur cette manne foncière.

D’un côté officiel, il se dit que la zone aéroportuaire sera destinée à l’implantation d’une «cité des affaires de l’Afrique de l’Ouest» pour devenir la première place financière d’Afrique francophone subsaharienne. D’autres sources officieuses avancent une possible mutation de l’aéroport de Dakar en base aérienne militaire ou encore en aérodrome de dégagement.

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Quoi qu’il en advienne, la capitale Dakar tient une occasion inouïe, inespérée, à travers le déplacement de cet aéroport, pour se rattraper sur un certain nombre de retards et faiblesses liés à l’équipement et à l’infrastructure. Sur les plans éducatifs (universités et lycées spécialisés), sanitaires (hôpitaux et centres de santé), sportifs (stades aux normes internationales), culturels (salles et centres fonctionnels, environnemental et récréatif (parc urbain), économique, les énormes besoins se heurtent à l’équation de la disponibilité foncière, même si les financements peuvent être disponibles ou être négociés.
Au-delà de ces aspects, de telles réalisations seront une aubaine pour les collectivités locales concernées de relever nettement le niveau de leurs finances locales et faire mieux face à leurs obligations quotidiennes.

Par ailleurs, pour des raisons d’ordre sécuritaire (militaire) ou d’évacuation sanitaire d’urgence, l’aménagement d’un petit aérodrome pourrait bien se réaliser sur place.

Les décideurs politiques devraient avoir constamment à l’esprit qu’une ville est une synthèse de plusieurs fonctions et pas seulement celle d’«habiter» et donc éviter de réaffecter, toujours de tels espaces au profit de lotissements. L’exemple de l’ex gare routière «Pompiers» est encore vivace dans nos mémoires, dont l’assiette foncière a été cédée à des promoteurs immobiliers étrangers, alors qu’elle pouvait être transformée en une grande aire de stationnement de ces nombreux véhicules qui convergent vers la zone du plateau, combinée à une station de bus pour assurer le mode multimodal dans les transports.

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Mamadou DIENG
Vision Guédiawaye
mdieng14@yahoo.fr

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