Pour une meilleure organisation des examens et concours


La session du Baccalauréat de l’enseignement général de l’édition 2017 aura été l’un des examens les plus mouvementés de la vie scolaire nationale. Les cas des fuites supposées ou avérées dans certaines disciplines comme la philosophie lors des anticipés, le français, l’histoire et la géographie au premier groupe d’épreuves, ont eu à entacher le cours normal de son déroulement. Ces fuites massives, ces tricheries collectives qui se perpètrent à grande échelle, quelle que soit leur provenance, sont venues une fois de plus remettre en cause la crédibilité des diplômes délivrés par un système éducatif déjà souffreteux. Si des candidats, la veille d’un examen ou d’un concours, se retrouvent en possession des épreuves à traiter, c’est parce que le système est bien poreux et foireux.

Il urge dès lors de revoir de façon décryptée les conditions de l’organisation du Bacca­lauréat et au-delà, de toutes les autres formes d’examens et concours au niveau national. Il est évident qu’au regard des ces graves incidents survenus, nous ne pouvons plus continuer, en pleine ère du numérique, à organiser nos examens et concours de manière classique et caduque telle qu’héritée de l’époque coloniale.

En effet, pour une meilleure tenue des prochaines éditions de l’examen du Baccalauréat et pour la réussite des autres sessions comme le Concours général, trois mesures essentielles doivent être préconisées.

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l’élaboration des épreuves et leur choix

Celles-ci ne doivent plus être confectionnées et proposées par les enseignants en service, craie en main et officiant dans les salles de classe, comme ils l’ont toujours fait jusqu’ici. Une commission de l’Office du Baccalauréat, chargée de l’élaboration des épreuves des examens et concours, doit être créée. Elle n’aura rien à voir avec le groupe de collègues que l’on convoque et qui se réunit une seule fois dans l’année pour valider des épreuves collectées à partir des enveloppes reçues des lycées et collèges. Elle sera composée d’inspecteurs de spécialité expérimentés dans chaque discipline et de quelques enseignants chevronnés intègres. Ces membres pourront être nommés par le président de la République ou le ministre de l’Enseignement supérieur. Ils seront choisis parmi les agents honnêtes, dignes de confiance et imbus de bonne moralité éthique et déontologique irréprochable. Ils auront naturellement une parfaite maîtrise des programmes des enseignements apprentissages en cours.

l’acheminement des épreuves dans les différents centres d’examen

Il ne doit plus se faire par des mallettes convoyées et confiées à des chefs d’établissement des jours, voire des semaines avant. Il suffira, pour l’Office du Baccalauréat, par le biais des nouvelles technologies, notamment à travers l’intranet, de lancer les sujets le jour-même de leur déroulement respectif aux différents présidents de jury au Baccalauréat ou aux chefs de centre commis aux examens et concours. Ces derniers disposeront des ces sujets au même moment, sur l’ensemble du territoire national, et pourront procéder immédiatement à leur reprographie… Cette opération peut se faire seulement en trente minutes ou en quarante-cinq minutes, tout au plus, avant le démarrage effectif des épreuves. Pour cela, l’Office du Baccalauréat, avec l’aide des pouvoirs publics, doit mettre à la disposition des différents établissements qui seront érigés en centres d’examen tous les moyens matériels nécessaires, adéquats et conséquents pour la reproduction des sujets. Nous entendons par moyens matériels la fourniture ininterrompue de l’électricité qui fera tourner les machines (les photocopieuses, les ordinateurs, les imprimantes…), les rames de papiers de bonne qualité et à suffisance, les cartouches d’encre en quantité et en qualité également. Il est clair que le secteur en charge de la distribution de l’énergie est bien au cœur de ce processus.

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le système de surveillance

A côté de certaines mesures préventives, basées notamment sur la sensibilisation des candidats quant aux peines encourues en cas de fraude, le système de surveillance doit être revu et amélioré. Les enseignants servant dans un établissement qui devient un centre d’examen ne doivent plus être commis pour y siéger comme surveillants. S’ils sont appelés à surveiller, ils doivent être affectés ailleurs, dans d’autres centres, à l’instar des correcteurs qui se déplacent d’une région donnée vers une autre. Et ces surveillants, lors du déroulement des épreuves, doivent se montrer plus rigoureux, extrêmement vigilants et fermes. Ils doivent être guidés par le seul sentiment de pouvoir accomplir leur mission de façon irréprochable. La lourde responsabilité qui leur incombe pendant ces forts instants d’évaluation et la conscience professionnelle qu’ils ont sûrement juré de ne pas trahir seront les larges pistes dorées par lesquelles ils pourront encore rendre service et à la jeunesse de notre Pays et à la Nation tout entière.

 

Babou DIATTA
Professeur de Portugais au Lycée Malick Sy de Thiès.
thelougoumba@hotmail.com

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