Les budgets de Macky Sall: S’endetter pour enrichir l’extérieur et appauvrir les Sénégalais!


Un budget en principe traduit la politique économique du gouvernement, dans le cas du présidentialisme, celui du Président, sorte de monarque de droit divin sous les tropiques.
Je ne vote pas le budget 2017 puisque je suis en désaccord profond avec la politique de Macky Sall.

En effet, peut-on s’engager dans l’émergence de manière irréversible après la gouvernance de Wade. ? Non, avions-nous, en ce qui nous concerne, répondu avec les Assises Nationales ; une période de transition s’imposait donc. Elle est inévitable. Elle a été bien pensée par les Assises Nationales.

A la place, Macky Sall renie sa signature de la Charte de Gouvernance Démocratique et propose de réduire les dépenses de fonctionnement pour ramener le déficit budgétaire autour de 4%, (en réalité, il est plus élevé) ;de relancer l’investissement public par un endettement massif dans les marchés à un taux réel élevé(6 à7% par an) ; cet investissement public est tourné vers les infrastructures nourries plutôt par des rationalités politiciennes triviales. Quelques idées de projet ramassées çà et là et quelques phrases retenues dans des conférences internationales du style doubler le nombre de membres de la classe moyenne : voilà l’essence du slogan PSE. Depuis lors, même les poulaillers ont des plans d’émergence ! Investir dans les infrastructures. Rien de nouveau sous le ciel sénégalais. C’est à la portée de nos fonctionnaires.En fait, le PSE est un plan de stabilisation qui bénéfice d’un environnement international favorable, la baisse du prix du baril de pétrole !

Rappelons qu’il y a quatre types de capital, le capital social, le capital naturel composé de ressources épuisables et renouvelables, le capital technique (les infrastructures, l’énergie) et le « capital humain », les hommes et leurs savoirs faire codifiés et tacites dans un monde où des firmes globales segmentent les valeurs et distribuent leurs productions dans des territoires choisis.

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Dans ce contexte, émerger, c’est émerger industriellement, rattraper les territoires de la frontière technologique ; c’est un programme sérieux et les fenêtres d’opportunité difficiles car, ce sont des domaines où règnent les asymétries d’information et les rendements croissants.

La définition de la politique, c’est-à-dire des possibles en indiquant les moyens de les atteindre, demande de la rigueur et de la concertation dans la cohérence absolue. Ce qui est vrai est cohérent.

Proposer des projets d’infrastructures et obtenir le soutien des PTF et prétendre qu’on a raison. C’est léger, et proprement compradore surtout lorsque les travaux sont confiés aux firmes des PTF.

La politique consiste à définir des possibles ai-je dit, en précisant les indicateurs SMART, Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et limité dans le temps ( time bounded)

En l’occurrence, l’émergence se mesure à la capacité d’une économie à créer les emplois dans les industries des biens manufacturés et services rattachés, qui font 80% du commerce mondial. Arrêter de tromper le peuple !

La croissance structurelle après la dévaluation de 1994, se situe autour de 3%, une croissance démographique de 2,5% et une hausse de la productivité de 0,5%. Cela s’est traduit par une croissance de 0,5% dans le primaire, 0,5% dans le secondaire et 2% dans le tertiaire.

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Comment pouvez-vous prétendre passer à6,5% par un coup de baguette magique sans réformes structurelles dans le capital social pour hausser le taux d’épargne. C’est ridicule !
En vérité, à la croissance structurelle s’est ajoutée 1à 1,5% provenant de la baisse du prix du pétrole,0,5 à 1% de l’investissement public basé sur la dette ;(celle-ci est passée de 2700 milliards en 2011 à au moins 5200 milliards en 2016[i], (le service annuel de la dette c’est près de 600 milliards), près de deux fois plus, non comptés les arriérés intérieurs et enfin 0,5% provenant d’une bonne pluviométrie et des subventions de 100 milliards non transparentes et mal orientées dans l’agriculture.Donc, la croissance de Macky Sall de 6,5% chantée par ses affidés, surestimée à dessein, relève d’une hausse conjoncturelle !!!

Résultat : l’emploi dans le secteur moderne stagne,malgré les recrutements BBY dans la fonction publique et les ASP. Les contrats visés par le ministère du travail ne peuvent tenir lieu de statistiques de l’emploi. Il y a un biais évident lié à la précarité. On compte plusieurs fois la même chose.

Les secteurs informels sont agressés par le gouvernement, ferrailleurs, mécaniciens, cultivateurs péri urbains, etc.

Le secteur industriel est négligé et lorsqu’il est remis en selle, c’est pour privilégier les intérêts étrangers adossés à la finance de l’ombre comme les ICS. Bref, l’avenir de la jeunesse est bouché !!!

Les inégalités sociales sont profondes, 1100 000 familles(les Naufragés) vivent dans la pauvreté avec moins de 300 000 francs par mois, 420 000 familles dans la précarité, (les Survivants) avec moins de 580 000 francs par mois. Le reste, c’est la classe moyenne(chère à Macky Sall dont il veut doubler le nombre en 10 ans, dixit PSE)et supérieure avec 2000 000 francs ou plus par mois, près de 20 000 familles au total.

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En vérité, c’est 69 familles qui profitent du régime Fayesall. Ce dernier bénéficie d’une conjoncture favorable : la chance de voir les prix des produits pétroliers baisser et d’une pluie au rendez-vous. Ce sont ces externalités positives qui cachent la médiocrité de la gouvernance de Macky Sall. Certaines de ces 69 familles profitent hélas de l’opacité et de l’illégalité du budget de l’Assemblée nationale ou n’hésitent pas à pactiser avec les prédateurs des temps modernes, adeptes du jeu de Ponzi, la nébuleuse Timis Corporation, le Maître et le Facteur !

Nous ne nous laisserons pas faire, ni intimider, ni perturber par les mensonges stupides et ridicules colportés par des peureux dans les réseaux sociaux manipulés par des réactionnaires compradores infiltrés dans la classe politique, dans l’APR et BYY.

Le triomphe du Responsabilisme au Sénégal et dans l’Afrique est inscrit dans l’Histoire. Personne ne pourra l’arrêter.

 

Mamadou Lamine DIALLO
Député à l’Assemblée Nationale Président du Mouvement TEKKI
Discours prononcé le samedi 10 décembre 2016 lors de la clôture de la session budgétaire 2017

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