Dr Bakary Sambe : Le triomphe médiatique d’un idéologue du soupçon


«L’homme digne d’être écouté  est celui qui ne se sert de la parole que pour la pensée, et de la pensée que pour dire la vérité et la vertu.» (Fene­lon, Lettre à l’Académie). Nous avons toujours averti les autorités publiques de ce pays des agissements plus que dangereux du coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique, je veux nommer le Dr Bakary Sambe. Faisant dans l’activisme «confrériste» et la rhétorique du catastrophisme, le Monsieur «Terrorisme» autoproclamé de l’espace Cedeao, cherche à travers le centre qu’il dirige à bien se positionner sur son sujet pour bénéficier de strapontins et capter la manne financière des bailleurs de fonds, trop préoccupés par le phénomène.
Pour réussir son pari, ce mercenaire de la plume multiplie des études sur le thème, aussi fallacieuses les unes que les autres, cherche à raviver une haine entre les différentes appartenances idéologiques des Sénégalais et saper ainsi notre contrat social.  Monsieur «radicalisme», vocable qu’il est incapable de définir de manière objective et rigoureuse, ne rate aucune occasion pour jeter l’opprobre sur les associations islamiques du Sénégal dans le but de les connecter avec d’autres mouvements violents de la sous-région pour ainsi, dans un activisme sournois et  malveillant, inviter les autorités publiques à sévir contre elles et mettre fin à leur avancée sociale.
M. Sambe se présente comme le consultant préféré des Forces de défense et de sécurité nationale sur la question du terrorisme, ce qui lui vaut d’être invité à tous les panels, séminaires et conférences nationales et internationales sur la question, damant ainsi le pion  à ses collègues universitaires moins audacieux et plus rigoureux.
M. Sambe se présente comme le conseiller spécial de l’Etat du Sénégal sur les questions liées au phénomène du radicalisme religieux, pouvant y entacher et détacher les personnes, associations et pays de son choix. Ce qui lui vaudra d’ailleurs, et dans une démarche corruptrice, d’être l’invité du roi d’Arabie Saoudite pour un pèlerinage à la Mecque au frais du royaume saoudien, dont il ne cesse d’insulter la doctrine.
M. Sambe se présente comme l’informateur  bien écouté des ambassades et chancelleries de pays étrangers, dont l’investissement des ressortissants au Sénégal justifierait une surveillance accrue et permanente des indicateurs de stabilité de notre pays, et ce faisant, dépensent des sommes colossales, récupérées dans la besace de  Monsieur l’enseignant-chercheur pour financer des études plus pompeuses, fausses et fallacieuses, les unes que les autres.    Il y a d’ailleurs lieu de se poser la question à savoir, que deviendrait ce monsieur en l’absence de ce concept de radicalisme qu’il dit tant maîtriser ? (rep. un inconnu des populations, des médias et de l’Etat).
Nous lui devons reconnaissance pour son ingéniosité et son opportunisme. Sa dernière publication (http://www.sen360.fr/actualite/bakary-sambe-les-attaques-salafistes-contre-les-confreries-relevent-d-039-un-agenda-global-visant-la-stabilite-du-pays-et-le-vivre-ensemble-731623.html) qui est une étude «stigmatisante» et instrumentalisée sur la banlieue dakaroise, fut démontée et battue en brèche par l’ensemble des autorités publiques pour le danger qu’elle comporte, et pour son manque de rigueur scientifique. Monsieur le chercheur s’est vu contraint de se faire oublier en attendant la première occasion pour redorer son blason avec les autorités publiques. Que n’avons-nous pas entendu de Monsieur «radicalisme religieux», le Dr Bakary Sambe, depuis les troubles au Mali [[1]] url:#_ftn1, et durant les cinq dernières années passées ? De l’existence de cellules terroristes dormantes au Sénégal, à l’enseignement du radicalisme religieux dans les mosquées, écoles et universités gérées par les associations islamiques, passant par des représentants d’Aqmi et du Mujao dans la banlieue dakaroise, logés dans une université de la banlieue, et de l’acquiescement consentant lorsqu’une communauté ethnique sénégalaise est traitée de terroriste…, toutes choses qui contribuent à corroborer des idées imaginaires, mystificatrices et indignes d’un intellectuel de sa trempe.
Nous avons  noté dans la lecture de son interview parue sur dakaractu.com le mardi 11 avril 2017 des contrevérités qui méritent une réponse claire au nom de la vérité. «J’ai toujours contesté la thèse selon laquelle ils n’étaient pas pour la violence et soutenu le fait qu’ils n’ont pas encore les moyens de la violence physique.»
La thèse accusatrice et  le procès d’intention de M. Sambe à l’encontre des associations islamiques du Sénégal ne tiennent pas debout et relèveraient d’une jalousie et d’un «confréro-centrisme» qui ne dit pas son nom. Le fait de vouloir lier les associations islamiques à la violence n’est que mauvais procès à leur endroit et ne trouvera pas d’application réelle sur le champ politico-religieux sénégalais dont la trajectoire historique témoigne du contraire. M. Sambe le sait, mais son agenda est autre.
Parce qu’il doit présenter les associations islamiques sénégalaises comme les ennemis des confréries, attiser le feu entre elles et ces dernières, semer le trouble et in fine faire intervenir ses amis bailleurs, producteurs et vendeurs d’armes.
Parlant du Dr Mouhammad Ahmad Lô et de sa thèse sur «La sacralisation des personnages dans la pensée soufi», il reprend les mêmes affabulations en  accusant ce dernier d’avoir traité la majorité des Sénégalais d’«impies» (kuffâr) et  d’associationnistes «Mouschrik».
Pour qui connaît la rigueur scientifique qui caractérise ce chercheur hors pair, de renommée internationale, vouloir porter de pareils jugements dépourvus de sens sur lui ne serait que pure démagogie.
Mais n’est homme que celui qui peut entendre ses «paroles travesties par des gueux pour exciter des sots, entendre mentir sur soi, sans soi-même mentir d’un seul mot» pour reprendre Kipling [[2]].  Comme d’habitude, M. Sambe finit toujours ses diatribes par son refrain préféré, appeler les autorités à prendre leur responsabilité, un vocable dont lui seul connaît le sens. Notre imprécateur est un activiste, prosélyte religieux, extrémiste «confrériste» et n’a rien d’un universitaire, excepté un titre complimenteur. Son attitude est contraire à toute déontologie. D’emblée, il prend fait et cause pour le confrérisme religieux de manière partisane. Il porte des accusations à tort et à travers, et est incapable de rendre son travail irréfutable. Son obsession d’une dénonciation inlassable d’un projet caché des associations islamiques souffre d’une absence de dialogue dans le fond. M. Sambe ne pense pas le travail islamique et profondément patriotique des associations islamiques. Il se contente  d’additionner des apories.     La démarche n’est pas autonome et ne pose pas les problèmes clés. C’est plutôt un travail pamphlétaire insignifiant, mais toxique. M. Sambe fait de la peur un fonds de commerce pour faire de bonnes affaires. L’ambiguïté de sa position, l’accusation d’un danger salafiste sans la moindre déontologie intellectuelle dans la méthodologie pour valider ses hypothèses relèvent de la caricature. Son mépris des autres et son aveuglement sont un danger pour la cohésion sociale et religieuse de notre pays. S’agissant des organisations et associations islamiques du Sénégal, toutes obédiences confondues, elles jouissent toutes de notre respect, de nos encouragements et soutien, pour leurs énormes contributions dans l’éveil des consciences au Sénégal et dans la lutte permanente et désintéressée contre l’obscurantisme religieux et les inégalités sociales, sans agenda ni ambition mondaine.
Grand bravo à elles !
Qu’Allah le Tout-puissant, par ses noms et attributs, préserve notre cher Sénégal en havre de paix et fasse périr toute personne ayant l’intention d’y semer le désordre ou la discorde !
Ismaila NDIAYE
Chercheur, analyste et auteur ismandiaye777@yahoo.fr

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.