« Assignation en résidence ou prison à ciel ouvert pour Abdoul MBAYE »


Anna Arendt disait : “Etre politique, vivre dans une polis, cela signifiait que toutes choses se décidaient par la parole et la persuasion et non par la force ni la violence”.

La démocratie diffère des autres types de gouvernements non seulement par sa forme de gouvernement, mais surtout par son mode de gouvernement. Être démocrate, c’est se placer dans une option du «gouvernement des lois», option qui se démarque de celle du «gouvernement des hommes». Être démocrate, c’est donc considérer que le pouvoir du peuple doit s’exercer dans un certain cadre juridique.

Autrement dit, la démocratie est inséparable d’un système institutionnel qui vient borner ses possibilités d’actions, ceci dans un objectif d’empêcher tout usage abusif du pouvoir. Ce système institutionnel, c’est ce qu’on nomme l’État de droit, qui contraint tout citoyen, gouvernant comme gouverné, au même respect de la loi. Si nous pensons que l’usage abusif du pouvoir trouve sa source dans la concentration du pouvoir, alors pour empêcher un tel usage, il convient de désunifier le pouvoir, de pluraliser le pouvoir, donc de distinguer différents pôles du pouvoir.

Montesquieu a écrit dans L’Esprit des Lois «pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir».

Les articles 6 et 8 Constitution du Sénégal disposent :

 

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Article 6 : « La personne humaine est sacrée. L’Etat a l’obligation de la respecter et de la protéger. Le peuple sénégalais reconnaît l’existence des droits de l’homme inviolables et inaliénables comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde »

Article 8 : Chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume et l’image. Chacun a le droit de s’instruire sans entrave aux sources accessibles à tous. Ces droits trouvent leurs limites dans les prescriptions des lois et règlements ainsi que dans le respect de l’honneur d’autrui.

L’espace public implique donc que tout pouvoir politique se fasse par et pour le peuple. C’est à-dire d’une part que le pouvoir émane du public et, d’autre part, en retour, que le pouvoir politique réponde de ses décisions et les justifie.

ACT Paris dénonce avec vigueur le fait du prince que subit son leader Abdoul Mbaye qui est privé depuis des mois, de sa liberté de circuler librement. D’abord privé de son passeport pour des faits relevant de sa vie privée, il est aujourd’hui « assigné à résidence », car toute sortie du territoire national doit être autorisée par le doyen des juges. Une telle mesure est non seulement abusive, arbitraire, disproportionnée, mais viole ouvertement la constitution sénégalaise, la charte africaine des droits de l’homme et la déclaration universelle des droits de l’homme.

Cependant qu’on ne s’y méprenne pas : Rien n’empêchera, par la grâce de Dieu, la volonté qui guide Abdoul MBAYE de faire de la politique autrement et de se mettre au service exclusif des populations pour endiguer tous les fléaux qui gangrènent notre pays.

 

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L’avenir doit être projeté par la conscience des citoyens. Dans une démocratie qui fonctionne bien, le gouvernant doit être un serviteur et non un maître. Les dirigeants doivent le comprendre, les citoyens doivent l’exiger. »

 

Empêché de sortir du pays pour rencontrer les Sénégalais-ses de la diaspora, qui dans la grande majorité n’avaient plus foi en la POLITIQUE, et qui ont trouvé en Abdoul MBAYE, les capacités, les compétences, le savoir, l’humilité et surtout les valeurs qui fondent notre histoire commune, toutes les coordinations et comités ACT partout dans le monde, se mettent debout pour réclamer la fin de cette mascarade politico-judicaire qui ne  nous honore pas.

Au nom de toutes celles et ceux qui partagent les valeurs de libertés et de démocratie,

  • ACT Paris déplore l’oppression systématique des responsables de l’opposition démocratique et républicaine sénégalaise qui usent de leurs droits constitutionnels.
  • ACT Paris dénonce la violation des libertés fondamentales, le recul démocratique et les dérives institutionnelles.
  • ACT Paris dénonce les tentatives d’instrumentalisation de la justice et exige une indépendance de celle-ci.
  • ACT Paris réclame le respect strict de la vie privée de tout citoyen.
  • Nous citoyens sénégalais, épris de justice et de respect de la dignité humaine, demandons que Abdoul MBAYE, qui sans nul doute présente tous les aspects de probité et de moralité, qui a pour seule ambition de servir son pays et qui par-dessus tout vit au Sénégal avec sa famille, soit réintégrer dans ses droits fondamentaux.

 

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Être démocrate implique d’être libéral, au sens politique du terme. Au travers de la limitation des pouvoirs et de la limitation des fonctions du pouvoir, c’est l’émancipation de la sphère civile par rapport à la sphère étatique qui est rendue possible et qui est visée. L’État démocrate n’a pas à déterminer les mœurs de la société.

 

Dans son fameux discours de 1819, intitulé De la liberté des Anciens comparée à la liberté des Modernes, Benjamin  Constant s’exclame : «Prions l’autorité de rester dans ses limites. Qu’elle se borne à être juste, nous nous chargerons d’être heureux».

Elhadj FALL , Paris le 9 janvier 2017

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